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La législation relative à la protection des minorités linguistiques historiques

Dans cette rubrique, vous pouvez consulter et rechercher la législation de la province autonome de Trente et de la région du Trentin-Haut-Adige/Südtirol relative à la protection et à la valorisation des communautés linguistiques minoritaires locales, ainsi que les principales réglementations régionales, nationales et européennes.

Date de publication:

20/05/2025

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Description

La protection et la mise en valeur des communautés linguistiques minoritaires locales constituent l'une des raisons fondatrices de l'autonomie spéciale dont bénéficie le Trentin.

Cette autonomie spéciale trouve son origine dans l’accord De Gasperi-Grüber (1946) et le Trentin est l’une des provinces les plus complexes d’un point de vue linguistique et territorial, avec une composition plurilingue qui comprendtrois minorités linguistiques : les Cimbres, les Mòcheni et les Ladins.

LaConstitution italienne,dans son article 6, reconnaît et protège les minorités linguistiques, en stipulant que la République « préserve la langue et la culture des minorités linguistiques ». Bien que la Constitution ne prévoie pas de réglementation détaillée, cette disposition a ouvert la voie à l’élaboration de lois et de politiques spécifiques au niveau régional et provincial. Au niveau statutaire,l’article 2 stipule que le Trentin-Haut-Adige/Südtirol a la possibilité d’adopter des lois spéciales pour la protection des minorités linguistiques, leur garantissant des droits spécifiques dans les domaines éducatif, culturel et administratif.L’article 15, paragraphe 3, stipule : « La province de Trente assure l’affectation de crédits suffisants pour promouvoir la protection et le développement culturel, social et économique de la population ladine ainsi que des populations mòchena et cimbra résidant sur son territoire, en tenant compte de leur importance et de leurs besoins spécifiques. »
Laloi nationale n° 482/99 (Dispositions relatives à la protection des minorités linguistiques historiques) constitue l’un des textes législatifs les plus importants pour les minorités linguistiques en Italie, car elle établit des mesures de sauvegarde pour les langues minoritaires, parmi lesquelles :
    1. la reconnaissance officielle des langues minoritaires ;
    2. l’enseignement de la langue minoritaire dans les écoles ;
    3. l’utilisation de la langue dans les communications officielles.
       
Cette loi nationale applique le principe d'égalité de traitement et reconnaît à toutes les minorités linguistiques le droit d'utiliser leur propre langue dans leurs relations avec les organismes publics, y compris en ce qui concerne l'administration locale et la documentation officielle.
Dans le Trentin, le critère de valorisation et de protection des minorités est de nature « territoriale », tandis qu’en Haut-Adige, il est « personnel », c’est-à-dire fondé sur la déclaration d’appartenance ethnique.

La province autonome de Trente avait adopté la même année la loi provinciale n° 4, abrogée par l’article 37 de la loi provinciale n° 6 de 2008 relative à la protection et à la promotion des minorités linguistiques locales, qui désigne les zones d’implantation historique des communautés minoritaires du Trentin (art. 3).

Dans le Trentin, la représentation ladine au Conseil provincial est garantie et il est possible de former un recours devant le tribunal administratif régional (TAR) de Trente (par les conseillers régionaux, provinciaux ou municipaux, selon la nature des actes contestés) les actes administratifs des collectivités et organes de l’administration publique ayant leur siège dans la région, jugés contraires au principe d’égalité entre les citoyens de langue italienne, ladine, mòchena et cimbra résidant dans la province.

La même loi, à son article 9, prévoit la création d’un organisme chargé de la concertation sur les politiques en faveur des populations de minorités linguistiques, dénommé « Conférence des minorités ».
La Conférence définit les orientations programmatiques des politiques en matière de protection et de promotion des minorités, en vérifiant l’état de mise en œuvre de la réglementation du secteur, notamment en vue de l’identification de nouvelles interventions ; elle émet un avis obligatoire sur le programme d’actions en faveur de l’édition et de l’information, ainsi que sur les conventions et accords visés à l’article 23, et un avis obligatoire et contraignant sur la répartition du fonds provincial pour les minorités.

L'article 24 institue un Fonds provincial pour la protection des minorités linguistiques locales, destiné à financer des projets et des initiatives visant à préserver et à promouvoir les caractéristiques ethniques, culturelles et linguistiques des populations ladines, mòchenes et cimbres résidant sur le territoire de la province de Trente.

En vertu de la loi provinciale n° 5 du 7 août 2006 «Système éducatif d’enseignement et de formation du Trentin », la province a explicité le principe de la protection des minorités linguistiques, y compris au sein des établissements scolaires situés dans les communes ladines, mòchenes et cimbres. La loi introduit des dispositions spéciales relatives à l’organisation scolaire dans les communes de la vallée de Fassa, en instituant le « Consei general per l'educazion e la formazion », chargé d’identifier les besoins éducatifs et de formation spécifiques de la communauté ladine et de collaborer avec la province à la définition des orientations et des programmes concernant l’école ladine. Elle régit en outre les modalités de nomination et les fonctions du directeur d’établissement ladin (« Sorastant de la Scola Ladina ») ainsi que la mise en place du bureau ladin de formation et de recherche pédagogique. En ce qui concerne les Mòcheni et les Cimbres, cette loi prévoit, outre la garantie d’une représentation au sein des organes collégiaux scolaires, le renforcement de la connaissance de la culture et des langues mòchenes et cimbres, ainsi que de la langue allemande, qui doit également être mis en œuvre dans les écoles situées en dehors des localités minoritaires, dans le cas où elles seraient fréquentées par des élèves mòchenes et cimbres.

La loi provinciale n° 7 du 23 juillet 2004a consacré la scission de l’Institut Mòcheno-Cimbro en deux entités distinctes :l’Institut culturel mòcheno pour la valorisation des populations germanophones des communes de Palù del Fersina, Fierozzo et Frassilongo, etl’Institut culturel cimbro pour la minorité cimbra de Luserna. À ce jour, il existe donc sur notre territoire trois instituts culturels dédiés aux populations minoritaires (outre les deux cités, rappelons en effetl’Institut culturel ladin « Majon de Fascegn », déjà institué par la loi n° 29 du 14 août 1975), organismes opérationnels de la province qui veillent, conformément à leurs statuts, à la promotion et à la protection de la langue et de la culture des populations minoritaires.

Le décret législatif n° 178 du 4 avril 2006, complétant les dispositions d’application du Statut spécial visé au décret-loi n° 592/93, a disposé que, dansles localités ladines du Trentin, les actes publics destinés à l’ensemble des citoyens, les actes publics individuels destinés à un usage public et les cartes d’identité soient rédigés en italien, suivis du texte en ladin. Cette disposition a définitivement levé l’ambiguïté qui figurait dans la norme relative à l’utilisation du ladin dans les actes publics (alinéa 3 de l’article 1er du décret législatif n° 592 du 16 décembre 1993), et qui en avait fortement conditionné l’application.

Laloi provinciale n° 3 du 16 juin 2006 (Dispositions relatives à la gestion de l’autonomie du Trentin) prévoit,à son article 19, des dispositions particulières pour les territoires des communes où sont implantées les populations de langue ladine, mòchena et cimbra ; en particulier, sur le territoire coïncidant avec celui des communes ladines, est constitué le Comun general de Fascia. Ce dernier est une collectivité territoriale dotée d’une autonomie politique, dont la constitution relève des communes énumérées à l’article 114 de la Constitution ; il constitue donc une particularité au sein de l’ordre juridique de la République. Le Comun general de Fascia applique son propre statut, qui est adopté par l’ensemble des communes et approuvé par une loi provinciale ; il prévoit l’élection directe de ses organes ainsi qu’un drapeau comme symbole distinctif.

Il convient de citer textuellementl’article 8 de la loi constitutionnelle n° 1/2017: «Au Comun general de Fascia, collectivité supracommunale constituée sur le territoire coïncidant avec celui des communes visées à l’article 48, troisième alinéa, la Région et la Province de Trente peuvent attribuer, transférer ou déléguer des fonctions administratives, des missions ou des activités qui leur sont propres, et qui sont pertinentes pour la valorisation de la minorité linguistique ladine ».
Comme on peut le constater, le Comun general de Fascia n’est pas seulement une collectivité locale, mais représente en soi une mesure de protection et de développement de la minorité linguistique. En effet, le législateur constitutionnel, en reconnaissant au Comun general de Fascia le statut d’organisme représentatif de la communauté ladine, a estimé que l’octroi à celui-ci d’une autonomie administrative particulière constituait l’instrument fondamental pour la valorisation de son identité.
La disposition n’énumère pas les compétences que la Région et la Province peuvent transférer au Comun general de Fascia, mais en laisse à celles-ci le soin de les identifier, avec pour seule limite la nécessité qu’elles soient instrumentales à la finalité de valorisation de la minorité linguistique ladine.
Pour en revenir à la loi provinciale n° 6 de 2008, on constate qu’elle est particulièrement approfondie et innovante au niveau national, puisqu’elle prévoitune Autorité dédiée aux minorités (article 10).
Cette autorité est un organe collégial composé de trois membres nommés pour un mandat de sept ans non renouvelable, qui opère en toute autonomie et indépendance. Parmi ses diverses compétences, elle exerce des pouvoirs d’évaluation, de surveillance et d’inspection afin de garantir la bonne mise en œuvre de la réglementation en matière de protection et de promotion des minorités linguistiques.

La mise en œuvre des instruments de protection prévus par la réglementation provinciale a également entraîné la création, auprès de la présidence du Conseil provincial, du Service pour la promotion des minorités linguistiques locales, devenu aujourd’hui le Service des minorités linguistiques et des relations extérieures, qui joue le rôle d’interlocuteur auprès des minorités linguistiques présentes sur le territoire du Trentin. Grâce à une approche informelle, directe et non bureaucratique, le Service prend en charge les besoins et les attentes des citoyens appartenant à une minorité linguistique, y compris vis-à-vis des différents secteurs de l’administration. De la toponymie au bilinguisme, du monde scolaire à la protection culturelle, les minorités expriment en effet des besoins spécifiques, auxquels il est nécessaire de répondre de manière ciblée, en accordant une attention particulière à l’aspect linguistique. Le Service favorise également des échanges plus institutionnels avec les représentants politiques des communes ladines, mòchenes et cimbres. Les rencontres sur les différents territoires s’avèrent fondamentales, tout comme les liens avec des réalités extérieures, notamment par le biais du monde universitaire, afin de se tenir informé de ce qui se passe au-delà des frontières provinciales, de concertation autour de nouvelles propositions et de relever de nouveaux défis. Des défis particulièrement exigeants, car ils nécessitent une attention constante à la diversité et la capacité, notamment pour les Ladins, les Mòchenis et les Cimbres, à se confronter à une dimension «globale-locale», où l’ouverture au monde va de pair avec l’ancrage dans ses propres racines.

À partir de 2024, conformément à l’article 146 quinquies, alinéa 2, du règlement intérieur du Conseil provincial, une séance spéciale du Conseil consacrée aux minorités linguistiques est prévue, avec la participation de représentants des populations ladine, mòchena et cimbra, qui se réunissent chaque année.

En 2025, sur proposition de la Région autonome du Trentin-Haut-Adige/Südtirol, la Journée des minorités linguistiques ladines, mòchenes et cimbres a été créée afin de célébrer et de faire connaître à l’ensemble de la population la valeur de ces groupes linguistiques.

   

Recherche de textes réglementaires concernant les minorités linguistiques 

Le Service des minorités linguistiques et des relations extérieures assure la collecte systématique des textes législatifscommunautaires, nationaux, régionaux et provinciaux, ainsi que des décisions jurisprudentielles et des contributions doctrinales relatives à la sauvegarde et à la promotion des minorités linguistiques, et en assure la traduction en ladin et en allemand. 

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